ESPACE PROFESSIONNEL - Santé de l’enfant

LA VACCINATION

QUATRE VACCINS RECOMMANDÉS PENDANT LA GROSSESSE

En France, quatre vaccinations sont aujourd’hui recommandées aux femmes enceintes :

  • La coqueluche, systématiquement à chaque grossesse.
  • La grippe saisonnière, chaque année.
  • La Covid-19, en fonction du calendrier vaccinal en vigueur.
  • Le virus respiratoire syncytial (VRS), tout récemment intégré en alternative à l’immunisation passive du nouveau-né.

Ces vaccins ont démontré leur efficacité et leur bonne tolérance. Ils permettent de prévenir des infections potentiellement graves, en particulier chez les nourrissons dans les premières semaines de vie, période où ils ne peuvent pas encore être directement protégés par la vaccination.

UNE COUVERTURE VACCINALE INSUFFISANTE

Malgré ces recommandations, la couverture vaccinale des femmes enceintes reste insuffisante. Plusieurs freins ont été identifiés :

  • L’absence de proposition vaccinale par les professionnels de santé est le premier motif de non-vaccination.
  • Les craintes pour le fœtus, la sous-estimation des risques infectieux, et la méfiance générale envers les vaccins jouent également un rôle non négligeable.
  • À l’inverse, la principale motivation déclarée par les mères reste la volonté de protéger leur enfant à naître.

LES LEVIERS D’AMÉLIORATION SELON L’ACADÉMIE

Pour répondre à ces freins et renforcer la couverture vaccinale, l’Académie nationale de médecine appelle à une action concertée impliquant les professionnels de santé, les institutions et le grand public. Elle insiste sur la nécessité d’intégrer la vaccination dans les pratiques courantes de suivi prénatal, tout en respectant l’autonomie des femmes.

5 RECOMMANDATIONS DE L’ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE POUR LA VACCINATION DES FEMMES ENCEINTES

1. INSCRIRE LA VACCINATION DANS LE SUIVI PRÉNATAL USUEL

L’Académie insiste sur l’importance d’intégrer systématiquement les vaccinations dans le suivi prénatal. Pour ce faire, il est nécessaire de :

  • Fournir à chaque femme enceinte une information claire, harmonisée et individualisée sur les vaccins recommandés, dans le respect de leur autonomie.
  • Désigner un référent vaccins dans chaque maternité pour coordonner les actions et garantir une information cohérente.
  • Mettre en place des campagnes d’information et de sensibilisation ciblant à la fois les professionnels de santé et les femmes enceintes.

2. RENDRE LA VACCINATION FACILEMENT ACCESSIBLE À TOUTES LES FEMMES ENCEINTES

L’Académie recommande de faciliter l’accès à la vaccination en :

  • Mettant les vaccins à disposition dans des lieux diversifiés : maternités, cabinets médicaux et de sages-femmes, PMI, pharmacies.
  • Assurant une coordination avec le carnet de vaccination numérique pour centraliser les informations et faciliter le suivi.

3. FORMER ET MOBILISER TOUS LES PROFESSIONNELS DE SANTÉ IMPLIQUÉS DANS LA PRISE EN CHARGE DES FEMMES ENCEINTES

Pour améliorer la couverture vaccinale, l’Académie recommande de renforcer la formation des professionnels de santé, notamment en :

  • Actualisant régulièrement leurs connaissances sur les vaccins recommandés pendant la grossesse.
  • Développant leurs aptitudes à communiquer efficacement sur la vaccination, en particulier auprès des femmes réticentes.
  • Favorisant la coordination entre les différents acteurs de santé, notamment par l’usage du carnet de vaccination numérique.
  • Mettant en place des actions ciblées dans les régions où la couverture vaccinale est la plus faible.

4. ANALYSER PÉRIODIQUEMENT L’ÉVOLUTION DES PRATIQUES ET DES COUVERTURES VACCINALES

L’Académie souligne la nécessité d’une surveillance continue pour :

  • Analyser régulièrement l’évolution des pratiques vaccinales et les taux de couverture.
  • Identifier les causes de non-vaccination afin d’adapter les stratégies de communication et d’information.

5. DÉVELOPPER LA RECHERCHE VACCINALE SPÉCIFIQUE À LA GROSSESSE

Enfin, l’Académie insiste sur l’importance de promouvoir la recherche dans ce domaine, notamment en :

  • Soutenant le développement et la commercialisation de vaccins spécifiquement adaptés à la période prénatale, en tenant compte des besoins uniques des femmes enceintes et des nourrissons.

CONCLUSION

La vaccination des femmes enceintes est une mission prioritaire de santé publique. Les professionnels de santé jouent un rôle central dans sa mise en œuvre, tant pour proposer et administrer les vaccins que pour informer et rassurer les patientes. L’Académie appelle à structurer davantage les parcours de vaccination et à lever les freins à l’adhésion, dans une logique de protection individuelle et collective.

INFOGRAPHIE

En pré conceptionnel, quand proposer la vaccination ?
Grossesse, quand proposer la vaccination ?
En post partum quand proposer la vaccination ?

CALENDRIER VACCINAL 2025 : QUELLES SONT LES NOUVEAUTÉS ?

VACCINATION CONTRE LES INFECTIONS INVASIVES À MÉNINGOCOQUE

Pour les nourrissons, la vaccination ACWY et B est obligatoire depuis le 1er janvier 2025. Cette nouvelle obligation concerne tous les nourrissons jusqu’à l’âge de 2 ans (24 mois), y compris ceux ayant déjà été vaccinés contre le méningocoque C.

La vaccination contre le méningocoque B s’effectue avec une première dose à l’âge de 3 mois, une deuxième dose à 5 mois et une dose de rappel à 12 mois. La vaccination contre les méningocoques ACWY s’effectue selon un schéma vaccinal à deux doses : une dose à l’âge de 6 mois suivie d’une dose de rappel à l’âge de 12 mois. La vaccination contre les méningocoques ACWY est également recommandée à tous les adolescents entre 11 et 14 ans, quelle que soit leur vaccination antérieure. Un rattrapage transitoire pour les enfants jusqu’à 4 ans révolus (5e anniversaire) pour les vaccinations contre les méningocoques B et ACWY.

Dans le cadre du rattrapage vaccinal, les vaccinations contre les méningocoques ACWY et B sont également recommandées entre 15 et 24 ans révolus.

VACCINATION VRS (VIRUS RESPIRATOIRE SYNCYTIAL)

Afin de protéger les nouveau-nés et les nourrissons avant leurs 6 mois, la vaccination contre le VRS est recommandée aux femmes enceintes, avec une dose entre la 32ème et la 36ème semaine d’aménorrhée, en amont de la période épidémique du VRS et jusqu’à la fin de cette période.

VACCINATION CONTRE LA COQUELUCHE

Dans un contexte de recrudescence marquée de la coqueluche en France depuis le début de l’année 2024, avec un nombre de décès particulièrement élevé chez les nouveau-nés et les nourrissons, les recommandations faites par la HAS en juillet 2024 restent en vigueur en 2025 :

Un rappel est recommandé aux adultes âgés de plus de 25 ans dans l’entourage du nouveau-né si la mère n’a pas été vaccinée pendant la grossesse, ou si elle a accouché moins d’un mois après la vaccination : ils recevront une dose de rappel de vaccin dTcaPolio si leur dernière vaccination coquelucheuse remonte à 5 ans ou plus.

La vaccination contre la coqueluche est recommandée pour les professionnels ayant une injection datant de plus de 5 ans dans le cas d’une urgence sanitaire (contexte épidémique et un risque de grands rassemblements favorisant une grande circulation de la coqueluche).

VACCINATION CONTRE LA ROUGEOLE, OREILLONS, RUBÉOLE

Un rattrapage est recommandé pour les personnes nées après 1980 n’ayant reçu aucune dose ou une seule dose de vaccin trivalent ROR. Les personnes nées depuis 1980 et ayant reçu leur première dose de vaccin contre la rougeole avant l’âge de 12 mois doivent recevoir une troisième dose de vaccin trivalent.